Auront-ils peur?

Publié le 8 Mars 2013

Ils me font rire, tous.
Il me fait rire celui qui dit accepter.
Sera-t-il toujours aussi serein à ce moment précis? Il en parle avec tellement d'assurance, de bienveillance même, comme s'il l'avait déjà vécu. Il trouve ça normal, obligatoire. Peut-être qu'il a raison mais comment le savoir? L'écouter et le croire? Le vivre et le voir?
L'acceptation est le mot-clé.
Tu n'as pas encore rencontré l'Ennemie que déjà tu l'acceptes. L'Ennemie oui!
Elle est l'Ennemie de ton quotidien, de ton café le matin, de ta femme nue dans la salle de bain, de tes aventures sans lendemains, de ton bourbon au bistrot du coin.
Peut-être qu'en La traitant comme une bonne amie tu penses La tenir à distance, ou peut-être que tu La défies en lui donnant si peu d'importance.
Tu lui trouves un certain charme, Elle est poétique, sombre et inconnue.
Et déjà tu te contredis!
Comment peux-tu prétendre qu'Elle est poétique et inconnue? Si Elle t'est inconnue, comment entends-tu la poésie? Et ne me parle pas des vers, non, ce serait de mauvais goût, comme toi. De mauvais goût.
Tu cites des noms, des grands noms pour me prouver que tu as raison, qu'Elle en a aidé plus d'un à s'échapper, à fuir le malheur.
C'est vrai qu'elles sont jolies ces histoires, tellement tristes aussi... Mais je fléchis!
J'ai toujours aimé les tragédies, tu le sais, mais ne touche pas à mon talon d'Achille!

Parce que tu crois qu'on peut le fuir le malheur? Qu'on peut le laisser derrière soi, juste comme ça et s'en aller?
Ne vois-tu pas qu'on n'a pas le droit de laisser le malheur?
Il est toi, il est moi, il est cet homme qui promène son chien, il est cette petite fille qui pleure le départ de sa mère derrière les grilles de l'école.
Il est comme une tumeur qui gagne du terrain si on la laisse faire.
Alors ne me fais pas croire qu'Elle les a aidé à guérir du malheur, à s'en débarrasser.
Ce serait trop facile!
Peut-être libère-t-Elle de la douleur, oui si tu veux, Elle a ce don là.
Mais penses-tu réellement que la fin de la douleur est une libération?
Souviens toi : "si je souffre c'est que je suis en vie, si je souffre c'est que je suis en vie".
Tu n'aimes pas mes mots, surtout pas ceux-là. Je pourrai te les chanter toute la nuit pourtant.
"Si je souffre c'est que je suis en vie".

Peur? Moi? Avoir peur?
Oui, peut-être, je ne sais pas.
Je ne La connais pas et l'inconnu fait peur comme chacun sait. Mais comment avoir peur de quelque chose qu'on n'a jamais vu ni goûté? C'est idiot.
Non je ne suis pas une idiote! Ou peut-être que si, un peu. Mais tu l'es tout autant que moi dans ce cas.
Mais je ne suis pas comme ces gens qui sont terrorisés rien qu'à l'idée d'entendre parler d'Elle.
Non, j'accepte Son existence.
Et tu veux que je te dise ce qui m'emmerde le plus?
C'est qu'Elle soit plus forte que moi. Je pourrai me battre toujours plus fort Elle gagnera quand même. Elle gagne toujours, c'est dans Sa nature.
Et je suis mauvaise perdante. Mais de là à dire que je suis incapable d'admettre ma défaite... Non. Pas du tout!
Est-ce que j'ai peur de perdre? Pas vraiment. C'est juste que c'est plus glorieux de La battre, ça ferait un bien fou à mon égo déjà surdimensionné!
Quand je La rencontrerai, je lui demanderai de la jouer en plusieurs manches, une fois je gagne, une fois Elle gagne, et la dernière... Elle l'emporte.
C'est évident oui, Elle m'aura à l'usure peut être, ou par surprise. Je suis sûre qu'Elle est joueuse.
Non je ne divague pas, je spécule, j'imagine, j'invente notre jeu.
Tout ceci n'est qu'un jeu au fond.
On nous impose des règles, des buts, on nous donne des atouts, des contraintes dès le départ, juste au cas où l'un d'entre nous serait trop doué.

Et puis à la fin on se retrouve face à Elle. Plus ou moins vite que certains c'est vrai. Mais on fini toujours par y arriver.

Là, face à Elle, et qu'est-ce qu'on fait?
Dis moi, qu'est-ce qu'on fait?

Rédigé par This Girl

Publié dans #A moi

Commenter cet article