Bousillé

Publié le 13 Mars 2013

Je suis une grande inquiète, une angoissée de la vie, une fille qui se fait des films catastrophes pour n'importe quelle situation.
J'ai toujours été comme ça, parfois même au point de somatiser.

Et un jour j'ai trouvé mon remède. L'Homme qui partage ma vie.

C'est un inquiet, un inquiet qui se cache.
Parfois j'ai vraiment l'impression que rien ne lui fait peur, je le trouve fort, ça me rassure mais ça a aussi tendance à m'inquiéter. Etre trop confiant n'est jamais bon, du moins c'est ce que je crois.

Sauf que. J'ai réussi à le percer à jour. Ouais! Rien que ça!
Il a peur lui aussi, parfois, pour sa santé, la mienne ou celle de ses proches, pour nos finances, notre couple, la vie quoi. Sauf qu'il le cache. Longtemps.
Jusqu'au moment où il explose. Tout sort d'un coup. Et moi je me retrouve comme une idiote devant l'Homme que j'aime, à ne pas savoir quoi faire, quoi dire, à tenter de comprendre, pourquoi d'un coup plus rien ne va?

Longtemps ça a été difficile à gérer. Ces "crises" de ras-le-bol, je ne les voyais pas venir. Nous vivions au pays de la guimauve et BAM! D'un coup d'un seul le ciel nous tombait dessus sans prévenir!
Ces "crises" nous avons réussi à les surmonter, certaines ont laissé quelques failles mais rien d'irréparable. Ces violentes tempêtes ont mis notre couple en danger. Nous n'avons pas été très loin du point de non-retour.

Ca fait un moment qu'il n'y en a pas eu et je ne m'en plains pas.
Je sais, désormais, qu'au moindre petit mouvement d'humeur il faut creuser. Parler. C'est bien connu, le dialogue est l'un des ciment du couple.
Mais il est très difficile de faire parler cet Homme qui partage ma vie. Il a peur de me dire ses doutes, ses craintes. Peur que ça me blesse ou me fasse fuir.
Mais j'insiste, j'insiste jusqu'à ce qu'il avoue, enfin. Et ça lui fait du bien, on discute, on cherche des solutions parfois, souvent on se rassure. Et finalement tout va bien.
On tue ensemble la peur dans son ventre.

Je le connais bien maintenant, je sais qu'il veut se montrer fort, il pense que c'est son rôle. Alors j'essaie de l'alléger.
Quand il commence à craindre pour notre situation financière, je souris, lui dis de ne pas se stresser, que ça va aller, que oui on est un peu dans la mouise là mais que ça va vite s'arranger, je souris, l'embrasse et repars vers d'autres activités, la peur au ventre.
Parce que moi aussi je m'inquiète pour les mêmes raisons, mais je n'en montre rien. Ca l'aide à relativiser et finalement, moi ça m'aide à me détendre. J'arrive à me persuader que ce que je dis est vrai, et en règle général, ça l'est.

Je suis une angoissée et il est mon remède, lui cet Homme inquiet.

Et aujourd'hui il a parlé.
Je sais qu'il a peur ces derniers temps. Un bébé qui arrive, un grand bouleversement, peur de me voir souffrir pendant l'accouchement, peur pour la santé de son fils, être un bon père, subvenir aux besoins de sa famille, savoir garder du temps pour soi...
Tout ça on en a déjà longuement parlé. Je me montre sereine la plupart du temps et ça fonctionne, nous sommes heureux et impatients d'être enfin une famille.
Sauf qu'aujourd'hui il m'a sorti cette phrase, cette phrase qui m'a ému aux larmes et qui ne m'a pas quitté.

"J'ai peur de l'accouchement, j'ai peur que ça se passe mal et que ça me bousille. J'ai peur de me dire que si on avait pas fait ce bébé on serait heureux".

Il est beau l'Homme qui partage ma vie avec cette peur dans le ventre.
Et je crois bien que c'est la plus belle déclaration d'amour qu'il puisse me faire.

Rédigé par This Girl

Publié dans #A deux

Commenter cet article